Juin 10 2018

Étude des Yoga-Sūtra : kriyā yoga, le yoga de l’action au quotidien

Pour retrouver toutes les lettres d’information, c’est ici

[Juin 2018]

newsletter

YOGA SŪTRA : KRIYĀ YOGA
Le yoga de l’action au quotidien

sur Yogapage.com

Les Yoga-Sutra de Patañjali : mais qu’est-ce donc ? (clic pour savoir)

YS II.1 – tapah svādhyāya îshvarapranidhānāni kriyā yogah
Le yoga de l’action – discipline purificatrice, étude de soi, humilité et confiance

(Écouter le chant ci-dessous)

kriyā yoga, le yoga de l’action au quotidien, et une méthode simple pour mettre le yoga en place dans notre quotidien. C’est un yoga préliminaire, de préparation, qui devrait accompagner chacune de nos pensées, chacune de nos actions.

Il est formé de trois composantes, qui constituent les moyens que l’on emploie pour réussir une entreprise.

Le kriyā yoga c’est l’action qui fait avancer.

Une action solide parce que basée sur trois axes, comme un tabouret à trois pieds, chacun assurant sa part de l’équilibre :

  • Discipline (tapas),
  • Réflexion (svādhyāya),
  • Ouverture (īshvara pranidhāna).
Kriya Yoga2

LA DISCIPLINE (TAPAS)

Tapas vient de la racine « chauffer » : c’est la discipline effective.
Tapas apporte donc la notion d’effort qui fait chauffer –> se mettre en marche.
La volonté en est un critère important : nous devons démarrer le véhicule, nous mettre en route et entretenir la machine.

L’exemple le plus évident de tapas serait de faire sa pratique de yoga régulièrement, alors qu’on n’en a pas toujours envie :

  • aller au cours collectifs,
  • ou dérouler le tapis chez soi.

Mais tapas c’est également :

  • prendre tous les jours les médicaments prescrits par le médecin,
  • prendre du repos régulièrement si nous sommes hyperactifs,
  • ne se resservir qu’une fois à table au lieu de deux,
  • se coucher plus tôt,
  • mieux manger,
  • etc.

Ces derniers exemples représentent aussi cette notion de discipline. Il ne s’agit pas d’auto-flagellations pour expier quelque faute, mais bien d’efforts pour maintenir une discipline saine et qui serait adaptée à notre situation et tempérament.

Tapas c’est essayer de suivre un régime fixé, malgré les obstacles qui arrivent pour saboter les bonnes résolutions.

A noter que les commentateurs des yoga-sutra précisent bien que l’ascèse ne doit en aucun cas affaiblir le corps, ni déstabiliser le mental. C’est clair donc, la discipline du yoga n’accepte pas les pratiques qui risquent de blesser ou d’abîmer le corps (jeûne excessif, entraînement inadapté, etc.), ni celles qui pourraient entretenir la confusion..

Tapas Espagnols3

Nous pourrions, tous les jours, goûter à tous ces bons tapas espagnols !
Serait-ce bien raisonnable ?

LA RÉFLEXION (SVĀDHYĀYA)

Étymologiquement, svādhyāya signifie « étude de soi ».

C’est ce qui nous aide à avoir une idée de nous-même, une idée qui ne dépend pas uniquement de notre seule vision.

Notre vision est toujours limitée.

NePasVoir

Il est donc bon d’avoir des miroirs extérieurs pour mener à bien cette réflexion :

  • Le miroir peut m’informer que je suis dépeigné,
  • Le temps que je mets à parcourir les 5km lors de mon footing dominical, s’il évolue, me renseigne sur mes conditions physiques et/ou mentales,
  • Mon éventuelle nonchalance, à faire des choses dans mon quotidien que j’adorais faire avant, m’informe d’une certaine lassitude ou d’un problème éventuel.
  • Etc.

Voir cela est une chose. Être en capacité de recevoir et d’utiliser ces informations qui viennent de l’extérieur, en est une autre : là est svādhyāya.

  • Discuter avec un(e) ami(e) pour essayer de voir plus clair concernant un tracas,
  • Faire une psychanalyse pour comprendre les mécanismes de ma personnalité afin de réadapter mon comportement en fonction des circonstances,
  • Méditer sur une phrase tirée d’un texte inspirant ou inspiré… pour repartir avec le message issu de cette lecture dans ma vie de tous les jours,
  • Etc.

Recevoir une image que nous n’avons pas l’habitude d’avoir de nous-même permet de mieux nous comprendre. Cette compréhension est directement liée à svādhyāya ; une remise en question qui a pour bienfait de nous faire avancer vers un mieux.

TropConfiant

Oui, avancer vers un mieux, car la résultante de cette réflexion est de pouvoir ensuite adapter notre pratique afin qu’elle soit plus ajustée à notre personnalité, à notre comportement, à nos besoins, etc. Le but ? Il est de réorienter le travail, le chemin, en fonction de ce que nous avons compris de nous-même aujourd’hui. Demain, d’autres réflexions nous préciseront la démarche !

Vous l’avez donc peut-être compris, la réflexion dans le sens de svādhyāya, selon le kriyā yoga, se veut quotidienne. Ceci n’est pas forcément toujours facile et heureusement tapas, la discipline, permet de maintenir cet l’élan bénéfique (cf. paragraphe précédent) !

Dans la tradition indienne, Svādhyāya passe par la récitation des textes sacrés dans un premier temps (pour donner corps au texte), puis par leurs études dans un deuxième temps (le miroir pour mieux percevoir).

La connaissance de soi est une étape importante vers la découverte « du  Soi ».

L’OUVERTURE (ĪSVARA PRANIDHĀNA)

Ce troisième et dernier aspect du « Yoga de l’action » (cf. § précédents) nous ramène au « Coeur », à notre sensibilité et à la façon dont nous réagissons aux événements de notre vie.

Le premier chapitre des Yoga-Sutra (YS. I-23 à I-29) donne une première définition d’îshvara pranidhâna qui est « l’abandon à une force supérieure ». Abandon envers quelque chose que nous ne maîtrisons pas (la « Vie » peut en être une image), c’est le sens premier.

Dans le deuxième chapitre, le même terme est à prendre dans le sens de l’humilité, la confiance et l’esprit d’acceptation, aussi. Par cela, Îshvara pranidhâna ne cherche pas à nous donner le goût de la résignation ou l’abandon des efforts : la vie serait terne et fade alors, non?!

GastonJattends

C’est bien au contraire la recherche de faire de son mieux, mais en gardant à l’esprit que le résultat de nos actes ne peut être connu complètement à l’avance. Une attitude d’ouverture est donc nécessaire : apprendre à accepter que l’avenir est ouvert et que le résultat sera peut-être différent de l’attendu.

L’interprétation vient de Vyâsa, le plus grand des commentateurs du yoga sûtra : il indique qu’il s’agit de ne pas s’attacher aux fruits de l’action. L’ouverture est le fait de reconnaître que si, semble-t-il, nous avons le contrôle de ce que nous faisons, nous n’avons pas le dernier mot sur ce qui arrive.

EnfantChocolat_2

Une attitude qui si elle parvient à nous (tapas), apporte un apaisement, un sentiment proche du relâchement dans l’effort: l’énergie dépensée habituellement à vouloir « maîtriser la suite » peut alors être réservée à « adapter la suite » !

LE YOGA DE L’ACTION AU QUOTIDIEN : POUR QUOI FAIRE ?

A suivre prochainement !

Article inspiré d’une parution de Martyn Neal (YTE – Aperçus n°6) ainsi que des traductions et commentaires du Yoga-Sūtra de Frans Moors (Les cahiers de présence d’esprit). Enregistrement sonore issu du double CD du chant du Yoga Sûtra, chanté par Martyn Neal (Les cahiers de présence d’esprit).

BOn Yoga !
G
uillaume Alexandre

NOUS ÉCRIRE

 

Yogapage est une marque déposée – copyright